Toute la documentation sur le médicament AdreView

 

 

1. DENOMINATION DU MEDICAMENT

AdreView 74 MBq/ml solution injectable

2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE

2.1 Substance active

L’iobenguane (I-123), 37 à 740 MBq, jusqu’à 74 MBq/ml, au moment de la calibration.

La solution contient 1 % (v/v) d’alcool benzylique (voir rubrique 6.1) (10,4 mg/ml) et de la 3-iodobenzylguanidine (< 0,16 mg/ml). Au moment de calibration, la pureté radionucléidique est d’au moins 99,95 % et les principales impuretés radionucléidiques (125-I et 121-Te) sont présentes pour moins de 0,05 %. La pureté radiochimique se constitue d’au moins 97 % d’iobenguane (123 I) et l’impureté radiochimique moyenne se constitue d’123-iode, présent pour moins de 3 % dans les périodes de la conservation. L’activité spécifique se situe entre 0,15 et 1,5 TBq/mmol (0,46 - 4,6 GBq/mg) de sulfate d’iobenguane.

On peut utiliser le contenu du flacon (jusqu’au temps d’expiration) pour une seule ou plusieurs administrations.

Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.

2.2 Propriétés physiques

L'Iode-123 est produit par cyclotron. Il a un temps de demi-vie physique de 13,2 heures et se désintègre en émettant un rayonnement gamma caractérisé par une énergie principale de 159 keV et un rayonnement X d’une énergie de 27 keV.

3. FORME PHARMACEUTIQUE

Solution injectable

4. DONNEES CLINIQUES

4.1 Indications thérapeutiques

Ce médicament est à usage diagnostique uniquement.

4.1.1 Scintigraphie (localisation diagnostique) de tumeurs des tissus dérivés de la crête neurale embryologique, telles que : phéochromocytomes, paragangliomes, chémodectomes et ganglioneuromes.

4.1.2 Détection, classification et suivi après traitement de neuroblastomes.

4.1.3 Evaluation de la captation d’iobenguane. La sensibilité de la visualisation diagnostique diffère pour les pathologies mentionnées. Les phéochromocytomes et les neuroblastomes sont sensibles chez environ 90 % des patients, les carcinoïdes chez 70 % et les CMT (carcinomes médullaires de la thyroïde) chez seulement 35 %.

4.1.4 Examen fonctionnel de la médullosurrénale (hyperplasie) et du myocarde (innervation sympathique).

 

 

4.2 Posologie et mode d’administration

On administre l’iobenguane (I-123) selon le schéma posologique suivant :

- Enfants de moins de six mois : 4 MBq par kg de poids corporel (max. 40 MBq).

- Enfants âgés de six mois à deux ans : 4 MBq par kg de poids corporel (min. 40 MBq).

- Enfants de plus de deux ans : il faut opter pour une fraction de la posologie utilisée chez l’adulte, calculée sur base du poids corporel. Les posologies recommandées sont les suivantes :

- Adultes : la posologie recommandée est de 80 à 200 MBq ; l’utilisation d’activités plus élevées peut se justifier. Chez le patient âgé, aucun schéma posologique particulier n’est requis.

L’iobenguane (I-123) s’administre sous forme d’une injection i.v. lente ou par perfusion. Si nécessaire, on peut augmenter le volume à administrer par dilution.

4.3 Contre-indications

On ne connaît aucune contre-indication absolue.

4.4 Mises en garde spéciales et précautions d’emploi

- Avant de débuter le traitement, il faut interrompre l’administration de médicaments connus comme étant susceptibles de réduire la captation de l’iobenguane (généralement, quatre demi-vies biologiques).

- On débute le blocage de la thyroïde 24 à 48 heures avant l’administration d’Iobenguane (I-123) et on le poursuit pendant au moins trois jours. Le blocage par perchlorate de potassium s’obtient en administrant une dose d’environ 400 mg/jour. Le blocage par iodure de potassium, iodate de potassium ou solution Lugol doit s’effectuer au moyen d’une dose équivalant à 100 mg d’iode/jour.

- La dose s’administre lentement par voie intraveineuse, sur une durée de plusieurs minutes.

- On obtient les images scintigraphiques antérieures et postérieures du corps entier et/ou les images centrées pertinentes et/ou les images SPECT 24 heures après l’administration de l’Iobenguane (I-123). On répète enfin la prise de ces clichés après 48 heures.

- Théoriquement, la captation de l’iobenguane (I-123) dans les granules chromaffines pourrait induire une sécrétion rapide de noradrénaline, ce qui peut donner lieu à la survenue d’une crise hypertensive. Ceci exige une surveillance permanente du patient pendant l’administration. L’iobenguane (I-123) doit s’administrer lentement (l’administration de la dose à un patient doit durer au moins une minute).

- Ce produit radiopharmaceutique ne peut être utilisé et administré que par une personne qualifiée à ce sujet.

- L’utilisateur doit préparer les produits radiopharmaceutiques destinés à être administrés aux patients, de manière à ce qu’ils répondent aux exigences relatives tant à la radioprotection qu’à la qualité pharmaceutique.

- Il faut travailler de manière aseptique lorsqu’on prélève du flacon la dose destinée à un patient.

- Ce produit ne contient aucun agent conservateur. Il faut désinfecter le bouchon en caoutchouc avant de prélever la dose et après le prélèvement de la première dose, il faut conserver le produit à une température comprise entre 2 et 8 °C.

- Ce produit ne peut pas être utilisé chez les enfants prématurés ou nouveaux-nés parce que le produit contient d’alcool benzylique.

- Chez les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans, l’alcool benzylique peut induire des réactions toxiques et anaphylactoïdes.

4.5 Interactions avec d’autres médicaments et autres formes d’interactions

Concernant les médicaments mentionnés ci-dessous, on sait ou on peut s’attendre à ce que la captation de l’iobenguane dans les tumeurs de la crête neurale soit ralentie ou réduite :

- D’après ce qu’on dit, la nifédipine (un antagoniste calcique) prolonge la rétention de l’iobenguane.

- On a observé une réduction de la captation en cas de traitement par réserpine, labétalol, antagonistes calciques (diltiazem, nifédipine, vérapamil), antidépresseurs tricycliques (amitriptyline, imipramine et leurs dérivés), sympathicomimétiques (dans un décongestionnant nasal tel que phényléphrine ou éphédrine ou phénylpropanolamine), cocaïne, phénothiazine. Il faut arrêter l’administration de ces médicaments avant l’administration d’iobenguane (I-123) (généralement pendant quatre demi-vies biologiques, en vue de l’élimination complète de la substance).

4.6 Grossesse et allaitement

S’il est nécessaire d’administrer des médicaments radioactifs à une femme en âge de procréer, il faut toujours s’informer au sujet d’une grossesse éventuelle. Chez toute femme présentant un retard de règles, il faut envisager une grossesse jusqu’à preuve du contraire. En cas d’incertitude, il est important de limiter l’irradiation au niveau minimum, en tenant compte de l’information clinique souhaitée. Il faut également envisager l’utilisation d’autres méthodes, n'induisant aucune exposition à des rayonnements ionisants.

Chez la femme enceinte, l’utilisation de techniques à radionucléides implique également une exposition du foetus à l’irradiation. En cas de grossesse, il ne faut effectuer ce type d’examen qu’en cas d’urgence et d’absolue nécessité, lorsque les bénéfices éventuels contrebalancent les risques encourus par la mère et le foetus.

Avant d’administrer un médicament radioactif à une femme allaitante, il faut envisager de différer raisonnablement l'examen jusqu'à la fin de la période d’allaitement. Vu l’élimination de radioactivité dans le lait maternel, il faut également se demander si l’on a bien opté pour le produit radiopharmaceutique correct. Si l’on estime que l’administration est nécessaire, il faut interrompre l’allaitement pendant trois jours et éliminer le lait excrété pendant cette période. Lorsque le niveau présent dans le lait maternel ne fournit plus une dose d’irradiation supérieure à 1 mSv, on peut reprendre l’allaitement.

AdreView contient de l’alcool benzylique. L’alcool benzylique peut passer dans le placenta. Il faut tenir compte de son éventuelle toxicité pour les prématurés après l’administration d’AdreView Injection juste avant ou pendant l’accouchement ou la césarienne.

4.7 Effets sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

L’administration de doses diagnostiques n’a aucun effet sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines.

4.8. Effets indésirables

Des effets indésirables surviennent rarement : rougeur, urticaire, nausées, frissons et autres symptômes de réactions anaphylactiques. Si l’on administre le médicament trop rapidement, les symptômes suivants peuvent survenir déjà pendant ou juste après l’administration : palpitations cardiaques, dyspnée, sensation de chaleur, hypertension transitoire et crampes abdominales. Ces symptômes disparaissent endéans une heure.

Pour chaque patient, le bénéfice éventuel doit justifier l’exposition à un rayonnement ionisant. La radioactivité administrée doit être telle que la dose d’irradiation soit la plus faible possible, en tenant compte du résultat diagnostique ou thérapeutique visé.

On associe l’exposition au rayonnement ionisant au cancer et au risque de survenue d’anomalies héréditaires. Lors d’une étude récente traitant de la médecine nucléaire diagnostique, il est apparu que, vu les faibles doses d’irradiation utilisées, ces effets indésirables sont peu fréquents.

Lors de la plupart des examens diagnostiques utilisés en médecine nucléaire, la dose d’irradiation administrée (EDE) est inférieure à 20 mSv. Dans certaines situations cliniques, des doses supérieures peuvent se justifier.

4.9 Surdosage

L’effet d’un surdosage en iobenguane est la conséquence de la libération d’adrénaline. Cet effet est de courte durée et nécessite la prise de mesures de soutien visant à réduire la tension sanguine : injection immédiate d’un alpha-bloquant à action rapide (phentolamine) suivie de l’administration d’un bêtabloquant (propranolol).

En raison de la voie d’élimination rénale, le patient doit boire abondamment et uriner fréquemment, afin de réduire toute charge d’irradiation excessive consécutive à un surdosage.

La nature du radio-isotope et la quantité présente d’iobenguane rendent improbable la survenue d’un surdosage.

Les données mentionnées ci-dessus s’appliquent en cas de profil pharmacocinétique normal. En cas d’altération de la fonction rénale en raison d’une maladie ou d’une thérapie antérieure, l’EDE et la dose d’irradiation délivrée aux organes peut augmenter.









 

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